Actualités

A propos du portrait présumé d’Isabelle d’Este

 A propos du portrait présumé d’Isabelle d’Este

 

Le portrait retrouvé dans une banque suisse a fait couler beaucoup d’encre. Il faut au moins répondre à deux questions: s’agit-il d’une œuvre de Léonard? Est-ce bien là le portrait d’Isabelle d’Este dont nul ne peut affirmer qu’il ait jamais été exécuté? Pour finir quelle serait la date présumée de ce tableau. Il ne s’agit nullement de remettre en doute l’expertise de Carlo Pedretti affirmant qu’il s’agit bien d’une peinture de Léonard, spécialiste de l’artiste. C’est de sa responsabilité. Toutefois je ferais des réserves pour le sujet de ce portrait. Certes le temps a été cruel pour les portraits d’Isabelle. Que sont devenus en effet les portraits de Mantegna, Costa, Francia? Seul celui de Titien aujourd’hui à Vienne, réalisé en 1536 représente une belle jeune femme  bien différente alors de la marquise qui avait soixante trois ans. Léonard sera à Mantoue en 1499, fuyant Milan avec Salaï, il serait venu apporter des cordes de luth et de viole à la marquise qui en profite pour lui demander d’exécuter son portrait. Léonard fera deux esquisses au fusain qu’il emportera pour en faire un portrait : l’une est perdue, l’autre est la sanguine conservée au Louvre .

Jeune historienne de l’art, j’ai travaillé au Louvre sous la direction de Sylvie Béguin sur le Studiolo d’Isabelle d’Este (Les dfossiers du département des peintures 10, catalogue , Musées Nationaux, Paris 1975. J’étais  en charge des portraits et devises. J’ai écrit notamment sur ce sujet un article  fruit d’une longue recherche un texte intitulé Un symbole néoplatonicien: La devise du silence au plafond du Studiolo d’Isabelle d’Este publié dans Les Symboles de la Renaissance, ENS, Paris 1976.

Les archives conservent les lettres d’Isabelle qui tente avec obstination et à travers différents intermédiaires dont Cesare Borgia son beau-frère et Frère Pietro da Novara d’obtenir ce portrait. Il semble bien qu’elle ni soit jamais parvenu. Léonard est à cette époque itinérant. Frère Pietro répond à Isabelle qu’il ferait tout pour lui être agréable mais ajoute-t-il  » …le mode d’existence de Léonard est changeant et incertain, il semble  vivre au jour le jour… »,  « Il s’adonne à la géométrie, il est lassé de la peinture… ».  Léonard en effet semble se désintéresser de la peinture qui n’était pour lui qu’une manifestation comme une autre de sa curiosité intellectuelle, il cherche un puissant mécène et erre de lieux en lieux; par ailleurs sa lenteur dans l’exécution est bien connue. Il semble donc dans ces conditions que celle-ci reste très hypothétique.

Si le portrait retrouvé est en effet très ressemblant à la sanguine du Louvre, même profil, même posture, d’autres éléments m’interpellent et notamment la couronne dont est gratifiée Isabelle. La marquise était fashionista si je puis me permettre d’employer ce vocable, il lui arrivait même d e lancer les modes comme celle du turban qui figure dans le portrait de Titien , elle aimait aussi poser avec sa belle chevelure rousse, par ailleurs on sait qu’elle détestait se prêter à la pose…Et je suppose que si elle avait obtenu ce portrait qu’elle avait tant désiré, elle qui écrivait tant l’aurait clamé haut et fort.

Ce sont autant d’éléments que nous devons prendre en compte pour une éventuelle attribution et identification pour lesquelles je fais personnellement toute réserve. Peut-être s’agit-il en effet d’une œuvre de l’atelier de Léonard atelier fort nombreux comme on sait avec des artistes de qualité.

Je ne ferais aucun commentaire sur « la petite soeur de Monna Lisa car ce rapprochement me semble de la plus haute fantaisie. 

Lauriane d’Este Historienne de l’art.

François Hollande ne s’est jamais préoccupé d’environnement tout au long de sa carrière politique, mais il n’est jamais trop tard. La main sur le cœur il jure que l’environnement est devenu sa préoccupation première. Une conversion en vaut une autre, Paris vaut bien une messe: la messe environnementale de décembre 2015 se tiendra à Paris. Politique oblige, nul n’est dupe. Moi je ne m’y fierais. Cette réunion sera celle de la dernière chance non pas pour la planète comme il nous le dit mais pour l’humanité. Si elle échoue je ne donnerais pas cher de sa peau d’ici la fin du siècle: pollutions en tout genre(air, eau, alimentation, problèmes climatiques…) et changement global se chargeront de son  sort. Le rapport du GIEC est clair à ce sujet et il est sans doute en deça de la réalité qui ne prend pas en compte la fonte du permafrost et le rejet du méthane dans l’atmosphère: c’est le plus puissant des gaz à effet de serre. A Paris en 2015, il va falloir convaincre tous les représentants de la planète présents de réduire leurs gaz à effet de serre, donc de changer de mode de vie, de se résoudre à moins et ceci de manière coercitive. En menaçant de sanctions la Chine, les Etats-Unis -qui auront peut-être un président républicain- , l’Inde, le Brésil s’ils n’y consentent pas? Il faudra aussi que les pays riches mettent la main au portefeuille, or celui-ci est plein de cactus comme l’on sait…et les citoyens écrasés d’impôts. Le Président de la République pourrait bien devoir ajouter un échec aux autres déjà lourds, comme un boomerang, après Copenhague, après Lima, après tout. Moi je pense comme le grand philosophe Hans Jonas dans le Principe Responsabilité que l’homme est  responsable de son destin mais qu’il ne fera rien tant que le ciel ne lui tombera pas sur la tête. Alors il aura peur. Comme nous avons peur lorsque les inondations emportent nos maisons. C’est ce que Jonas appelle « l’heuristique de la peur ». Mais quand elle sera là, il sera trop tard. L’homme devra compter avec la nature. L’anthropocène risque de rester un mythe…N’en déplaise aux politiques qui veulent surfer sur la vague écologiste.